Guide du tarot français

Qu’est-ce que le Petit au bout au tarot ?

Il y a Petit au bout lorsque le Petit, l’atout 1, figure dans le dernier pli. Le camp qui remporte ce pli bénéficie d’une prime de 10 points multipliée par le coefficient du contrat. Le Petit rejoint aussi ses cartes et peut modifier le nombre de bouts de l’attaque.

Identifier le Petit au bout

Le Petit est l’atout 1 et le plus vulnérable des bouts.

Le Petit, atout 1 et bout

Le Petit est le plus faible des 21 atouts : tout autre atout peut le prendre. Avec le 21 et l’Excuse, il fait partie des trois bouts.

Les bouts valent 4,5 points et fixent l’objectif de l’attaque : 56 points sans bout, 51 avec un, 41 avec deux et 36 avec trois. Ils se comptent dans les plis finaux, car le Petit peut changer de camp.

Quand parle-t-on de Petit au bout ?

La prime s’applique si le Petit figure dans le dernier pli. Elle revient au camp qui gagne ce pli, pas nécessairement au joueur qui pose le Petit.

Le mot « au bout » désigne sa place dans la donne, pas le fait qu’il serait la carte la plus forte du pli.

Quel camp reçoit la prime ?

Si l’attaque gagne le dernier pli, la prime augmente son résultat. Si la défense le gagne, la même valeur le diminue. Cette règle est indépendante de la réussite du contrat : l’attaque peut gagner sa donne tout en abandonnant le Petit au bout.

Combien vaut le Petit au bout ?

Contrairement à la poignée et au chelem, cette prime est multipliée par le coefficient du contrat. Elle s’applique après le calcul de la base, avec un signe positif pour l’attaque ou négatif pour elle.

Prise
10 × 1 = 10 points
Garde
10 × 2 = 20 points
Garde sans
10 × 4 = 40 points
Garde contre
10 × 6 = 60 points
Schéma du Petit au bout : dernier pli contenant l’atout 1 et prime de 10 à 60 points selon le contrat.
Le camp qui gagne le dernier pli contenant le Petit reçoit la carte et une prime de 10 multipliée par le coefficient du contrat.

Calculer et lire le dernier pli

Exemple sur une Garde

Avec deux bouts et 49 points, l’attaque dépasse son objectif de 8. Le score de base vaut (25 + 8) × 2 = 66.

Si elle gagne le dernier pli contenant le Petit, elle ajoute 20 et atteint 86 avant les autres primes. Si la défense gagne ce pli, 20 sont retranchés et la valeur tombe à 46.

Deux effets distincts

Le vainqueur du dernier pli gagne à la fois la prime et la carte Petit. Ses 4,5 points et son statut de bout peuvent donc changer l’objectif de l’attaque.

Il faut d’abord attribuer toutes les cartes, compter les bouts et les points, calculer la base, puis appliquer la prime.

Lire le dernier pli sans se tromper

Le joueur qui pose l’atout 1 ne reçoit donc pas automatiquement la prime. Seul le camp du plus fort atout du dernier pli — ou de la plus forte carte demandée en l’absence d’atout — la reçoit.

Exemple de cas limite : une attaque réussit déjà son contrat avant la prime, mais perd le dernier pli et son Petit. Le nouveau nombre de bouts peut relever son objectif, puis la prime est encore retranchée. Il faut recompter depuis les plis finaux, jamais depuis la main de départ.

Lire le dernier pli sans se tromper — tableau comparatif
Le Petit est joué parLe pli est gagné parEffet sur l’attaque
L’attaque L’attaque Petit conservé et prime positive
L’attaque La défense Petit perdu et prime négative
La défense L’attaque Petit capturé et prime positive
La défense La défense Petit conservé par la défense et prime négative

Excuse et chelem

Le Petit compte au bout à l’avant-dernier pli lorsque l’attaque réalise un chelem avec l’Excuse en dernière carte, même sans annonce. Sans ce cas particulier, on regarde le véritable dernier pli.

Distinguer les cas proches

Petit sec et Petit au bout

Le Petit sec est détecté après la distribution : le Petit est le seul atout d’un joueur qui ne possède pas l’Excuse, et la donne est annulée. Le Petit au bout est une situation de fin de donne donnant lieu à une prime. Les deux expressions ne doivent pas être confondues.

Erreurs fréquentes

  • Donner la prime au joueur qui pose le Petit plutôt qu’au camp gagnant
  • Attribuer la prime au vainqueur du contrat plutôt qu’au dernier pli
  • Oublier le coefficient du contrat
  • Ajouter 10 points à chaque joueur au lieu de la valeur de la donne
  • Oublier l’effet sur le nombre de bouts
  • Confondre Petit au bout et Petit sec

À lire ensuite

Faut-il multiplier le Petit au bout même si son camp perd la donne ?

Oui. Le coefficient du contrat s’applique à la prime du Petit au bout quel que soit le camp gagnant de la donne. Si le Petit figure dans la dernière levée de la donne, le camp qui la remporte reçoit la prime ; il peut donc réduire sa perte tout en restant perdant au contrat.

En Garde contre, supposons que l’attaque termine avec 44 points et deux bouts, le 21 et l’Excuse. La défense remporte le dernier pli contenant le Petit. L’attaque gagne son contrat de 3 : sa base vaut (25 + 3) × 6 = 168. Le Petit au bout vaut 10 × 6 = 60 pour la défense, ce qui ramène la valeur de la donne à +108 pour l’attaque. À quatre joueurs et sans autre prime, le preneur inscrit +324 et chaque défenseur −108.

Les deux opérations ont des signes différents : +168 pour le contrat, −60 pour le Petit. Écrire (25 + 3 − 10) × 6 donne ici le même résultat, mais seulement parce que le signe de chaque élément a été posé correctement. Ajouter systématiquement 10 à l’écart ferait gagner à l’attaque une prime remportée par l’autre camp.

Mettre ces règles en pratique

Lance une partie à 4 joueurs contre l’ordinateur pour retrouver les situations du guide au fil d’une donne.

Tu préfères choisir ta table ? Joue au tarot à 4 joueurs, avec l’ordinateur ou d’autres joueurs.

Sources

Pour vérifier un point de règle, consulte les documents ci-dessus ; les conseils de jeu dépendent de la situation à la table.