Guide du tarot français
Comment fonctionne l’Excuse au tarot ?
L’Excuse est l’un des trois bouts avec le Petit et le 21. Elle permet normalement de ne pas fournir, mais ne remporte pas le pli. Elle revient à son camp contre une carte basse de compensation lorsque le camp adverse gagne, sauf dans les cas particuliers du dernier pli et du chelem.
Fonctionnement ordinaire de l’Excuse
Un bout, pas un atout
L’Excuse est distincte des 21 atouts numérotés. Avec le Petit et le 21, elle forme les trois bouts et vaut 4,5 points.
Le nombre de bouts détenus par l’attaque à la fin fixe son objectif : 56 points sans bout, 51 avec un, 41 avec deux et 36 avec trois. L’Excuse ne coupe pas une couleur, ne possède aucun rang et ne bat aucune carte par sa force.
Quand peut-on jouer l’Excuse ?
Pendant un pli ordinaire, son détenteur peut la jouer au lieu de fournir la couleur, de couper ou de monter à l’atout. La règle autorise ce choix sans imposer le moment stratégiquement préférable.
Si l’Excuse ouvre le pli, elle ne fixe pas la couleur demandée : la première carte non-Excuse jouée ensuite la détermine.
Qui gagne le pli ?
Hors exception du chelem, l’Excuse ne remporte jamais le pli. Le plus fort atout gagne ; sans atout, la plus forte carte de la couleur demandée l’emporte. Le véritable gagnant ramasse les autres cartes et entame le pli suivant.
La carte de compensation
Avant le dernier pli, l’Excuse reste dans les plis de son camp même si le camp adverse gagne. En échange, ce camp remet au gagnant une petite carte valant 0,5 point, qui n’est ni un bout ni un Roi.
Si aucune carte appropriée n’est encore disponible, l’échange est régularisé plus tard. Il ne s’agit pas d’une prime : c’est un échange de cartes avant le décompte.
Que se passe-t-il au dernier pli ?
Au dernier pli, l’Excuse change de camp, sauf exception du chelem. Ce transfert s’applique même si le camp qui a joué l’Excuse remporte le pli.
Ce changement peut modifier le nombre de bouts de l’attaque et son objectif final. Pour conserver l’Excuse hors chelem, joue-la avant le dernier pli.
Cas particuliers et vérifications
Le cas du chelem
Pour réaliser un chelem avec l’Excuse, l’attaque doit avoir gagné tous les plis précédents et garder l’Excuse pour le dernier. Elle conserve alors l’Excuse et réussit son chelem.
Cette exception s’applique même si le chelem n’a pas été annoncé. Le Petit peut alors compter au bout sur l’avant-dernier pli. L’annonce change la prime du chelem, pas cette règle de l’Excuse.
Quatre cas pour attribuer l’Excuse
Exemple : l’attaque joue l’Excuse au cinquième pli et la défense gagne. L’attaque conserve l’Excuse mais remet une basse de 0,5 point à la défense. Les deux camps peuvent alors poursuivre la donne sans fausser le total de 91 points.
Cas limite : si l’Excuse ouvre le pli, le joueur suivant qui pose une carte ordinaire détermine la couleur demandée. Les autres joueurs suivent cette couleur ou appliquent les obligations de coupe.
| Moment | Camp gagnant du pli | Destination de l’Excuse |
|---|---|---|
| Pli ordinaire | Même camp | Elle reste naturellement dans ses plis |
| Pli ordinaire | Camp adverse | Elle revient à son camp contre une petite carte de compensation |
| Dernier pli ordinaire | Camp adverse | Elle est capturée, sans compensation |
| Dernier pli du cas de chelem | Attaque | L’exception permet de la jouer en dernier |
L’Excuse dans une poignée
L’Excuse peut compléter une poignée lorsqu’un joueur ne possède pas assez d’atouts numérotés. S’il la montre, il doit aussi présenter tous ses atouts.
À quatre joueurs, les seuils sont 10, 13 et 15 cartes. Ils diffèrent à trois et cinq joueurs. La présentation ne change ni la valeur de l’Excuse ni les règles des plis.
Erreurs fréquentes
- Appeler l’Excuse « atout 22 »
- Croire qu’elle gagne le pli ou choisit la couleur demandée
- Oublier la carte basse de compensation
- Rendre l’Excuse au dernier pli ordinaire
- Compter les bouts de la main de départ plutôt que ceux des plis finaux
- Appliquer l’exception du chelem à toute donne
À lire ensuite
La compensation de l’Excuse peut-elle faire chuter le contrat ?
Oui, si la carte de compensation n’a pas encore été rendue au moment d’un premier comptage. Il faut régulariser l’échange avant de comparer les points à l’objectif. Ce n’est pas une prime retranchée à la marque : une carte de 0,5 point passe d’un camp à l’autre, tandis que l’Excuse reste dans son camp.
À cinq joueurs, l’attaque a joué l’Excuse dans un pli ordinaire gagné par la défense. Avant l’échange encore dû, on compte 41 points et deux bouts dans l’attaque, Excuse comprise, contre 50 dans la défense. Une basse de l’attaque rejoint la défense : les totaux réels deviennent 40,5 et 50,5. Le seuil de l’attaque reste 41, car elle conserve ses deux bouts, mais le contrat est désormais sous le seuil.
Le demi-point revient ensuite à la défense gagnante : le total retenu pour l’attaque est 40, soit une chute de 1. En Garde et sans prime, la valeur de la donne est −52. Avec un partenaire, le preneur marque −104, son partenaire −52 et les trois défenseurs +52 chacun. Si le camp de l’Excuse avait gagné le pli où elle a été jouée, aucun échange entre camps n’aurait été nécessaire.
| Moment du contrôle | Attaque | Défense | Somme |
|---|---|---|---|
| Avant la carte encore due | 41 | 50 | 91 |
| Après l’échange | 40,5 | 50,5 | 91 |
| Après attribution du demi-point au camp gagnant | 40 | 51 | 91 |
À la table et dans le jeu
Mettre ces règles en pratique
Lance une partie à 4 joueurs contre l’ordinateur pour retrouver les situations du guide au fil d’une donne.
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Sources
- Règlement officiel du tarot en donnes libres — Fédération Française de Tarot · distribution, enchères, jeu de la carte et marque.
Pour vérifier un point de règle, consulte les documents ci-dessus ; les conseils de jeu dépendent de la situation à la table.